Les Echos
27 janvier 2004
Management : Dossier « Gérer les jeunes sans diplôme »
Par M.B..

 


« Manager sans langue de bois et n’accepter qu’une erreur »

Coursier :pas vraiment le métier dont rêvent les jeunes. Pourtant, Julien Cohen, PDG de la société de courses ATV – A Toute Vitesse – affirme n’avoir aucun mal à recruter ses coursiers et à les intégrer. ATV compte un cinquantaine de coursiers de 25 ans en moyenne, dont plus de la moitié sont des jeunes en grande difficulté sociale. « Certains ont déjà fait des petits trafics, commis des vols mineurs. Quant au niveau de qualification, ils n’ont pour la plupart jamais atteint la clase de terminale » reconnaît le PDG, dont la recette tient en quelques mots : un management direct et sans langue de bois.
Certains dérapages verbaux, voire des vols mineurs chez certains clients ont pu se produire. Dans ce cas, la mise au point est immédiate : ATV tolère une erreur, mais pas deux. Les règles sont claires pour tous et les ordres doivent être respectés. L’autorité est donc de rigueur et l’encadrement est très présent. Le PDG et son équipe sont là lorsqu’il faut les aider à résoudre des problèmes d’endettement excessif ou faire une démarche juridique particulière. « Ils savent qu’ils peuvent compter sur moi pour les aider et les soutenir. En retour, je dois pouvoir compter sur eux et sur leur professionnalisme. »
Les salaires sont plus que corrects, jusqu’à 3.000 euros net par mois. Tous les mois, ATV désigne son meilleur coursier et lui offre un voyage avec la personne de son choix. Une formule de reconnaissance qui porte ses fruits, puisque le turnover d’ATV est de 6 % seulement, excellent pour le secteur, dans lequel les défections sont nombreuses .