Courrier Cadres
15 mai 2003

Tendances – Architecture
Par Laurence David

 


« ATV l’étape relax des coursiers »

L’entreprise de courses vient de prendre ses quartiers en Seine-Saint-Denis, à Montreuil. Son charismatique patron, Julien Cohen, a tout dessiné lui-même, des plans d’ensemble aux meubles, dans un esprit très “funky business” : espace, confort, fun et efficacité.

C’est à peine la banlieue et on a déjà l’impression de s’aventurer en terre lointaine, entre ville et campagne. A Montreuil, dans l’est de Paris, les anciennes usines n’ont gardé que leurs enceintes un peu austères qui semblent illustrer l’adage“pour vivre heureux, vivons cachés”. Raison pour laquelle sans doute Julien Cohen, le très médiatisé patron d’ATV – qui n’a pas hésité à dénuder ses coursiers pour habiller les véhicules de sa société - , a ouvert en grand les bureaux du loft de 175 mètres carrés où travaillent une dizaine de salariés dans une ambiance familiale et un esprit start-up. Fidèle aux préceptes de la “funky business attitude”, qui vise à associer ludique, confort et efficacité, il a dessiné les plans lui-même, fait fabriquer les meubles sur mesure et posé un vrai parquet en chêne.
Pour ne pas tout mélanger et confondre par exemple travail et repos, le code couleur est simple : orange pour le plaisir, beige ivoire pour le business. Julien Cohen est un pragmatique épris d’esthétisme. Ça tombe bien : dans la même cour doivent emménager des voisins artistes (sculpteur, photographe, designer, graphiste…).
En ouvrant la porte d’entrée, on tombe directement sur le coin cuisine à l’américaine, prolongé par l’espace détente, avec machine à sous, fauteuils, table basse rouge laquée et vases africains noirs, ainsi qu’une douche. Utile l’été prochain quand la terrasse, ouverte sur le toit, accueillera des barbecues improvisés sous un soleil de plomb. L’idée : que les 42 coursiers maison puissent se poser entre deux missions.
Mais n’anticipons pas. Avant, il y a l’espace – forcément ouvert – de travail proprement dit, avec deux sphères bien distinctes réservées à la réception des appels (1 200 par jour) d’un côté, et la gestion des commandes de l’autre. Les bureaux sont modulables, créés sur mesure pour un travail à trois, en étoile. Les PC, tout petits, sont du dernier cri. Au fond, et séparé par une cloison transparente, le bureau-salon des deux associés (30 mètres carrés) avec vue d’ensemble sur la bonne marche de l’entreprise. Peinards !