Courrier Cadres
2 janvier 2004
Vie Professionnelle – Ils recrutent
Par F.P.

 


« Notre coup de Cœur : COURSIERS A Toute Vitesse »

Introduction en Bourse et croissance externe sont au programme pour cette société de course atypique.

Comment faire d’une société de course la poule aux œufs d’or ? Julien Cohen, le dirigeant d’A toute vitesse (ATV), reste discret sur certains points de sa stratégie de croissance… Il est en revanche plus disert sur son système de facturation ultramoderne et l’audace qu’il a acquise tout au long de son parcours d’entrepreneur sur le marché de l’Internet et de la téléphonie . En 1996, il quitte en effet ATV après l’avoir fondée cinq ans plus tôt, et monte différentes start-up en France et aux Etats-Unis. Leurs destins sont variés : enchereonline.com fait faillite, tandis que Western Telecom est toujours coté en Bourse.

Pub percutante.
En 2001, de retour dans la société de course spécialisée dans le transport léger et la messagerie express, il décide de se faire remarquer : « Après dix ans d’existence, l’entreprise avait peu évolué. Nous étions cependant toujours parmi les plus performants, dans la masse des 700 sociétés parisiennes », explique le dirigeant. Pour se différencier, il mise sur une campagne de pub. Peu diffusée, l’image est néanmoins percutante : il pose nu avec d’autres coursiers. En légende de la photo, que l’on retrouve sur les voitures de fonction et sur les cadeaux offerts aux clients : “Regardez-nous différemment”. « Nous voulions redorer l’image des coursiers, souvent associés à des voyous aux mains sales. Les nôtres n’arrivent pas la cigarette au bec. Ils sont polis et bien habillés. A la demande, ils peuvent même se déguiser », dit Julien Cohen. En cette période de fêtes, vous avez peut-être déjà croisé des pères Noël parisiens à moto ! Les clients ont l’air d’aimer ça : il faut dire que bon nombre d’entre eux, notamment ceux issus du monde de la publicité, sortent du carnet d’adresses du dirigeant. La cible de l’entreprise ? « Nous n’acceptons pas les clients occasionnels mais ne participons pas non plus aux appels d’offres de grosses sociétés qui cassent les prix. Nous jouons avant tout la carte de la qualité auprès d’une clientèle de PME. »

Aux achats.
Une stratégie qui paie. Le chiffre d’affaires d’ATV s’élève à 1,8 million d’euros en 2003, contre 1,5 million en 2002 (le résultat devrait se situer entre 50 000 et 100 000 euros, un million prévu en 2004). Les dirigeants préparent même une introduction en Bourse. La mise sur le marché libre de 20 à 25 % du capital d’ATV devait permettre la rachat de quatre sociétés de course en 2004 et 2005, et étoffer l’équipe qui compte aujourd’hui une cinquantaine de personnes.